UN HOMME DE CHEZ NOUS :
Louis VANDENKERKHOVE :
L'association a dépensé beaucoup d'énergie à la rénovation de la chapelle Vandenkerkhove de Volckerinckhove, ainsi nous ne pouvions éviter de nous renseigner sur son fondateur.
Le 24 floréal de l'an 13 de la République (15 mai 1805) à 8h du soir naissait Volckerinckhove Napoléon Joseph Louis Vandenkerkhove (un an auparavant le 18 mai 1804 Bonaparte était désigné empereur par le sénat, sous le nom de Napoléon 1 er , ce qui explique sans doute le premier prénom).
Louis était fils de Jean Auguste Fortuné Vandenkerkhove rentier et de Jeanne Thérèse Peenaert, les témoins étaient Philippe Vandenkerkhove rentier et percepteur des contributions à Bollezeele et Guillaume Delaplace, rentier à Watten.
Louis avait un frère aîné de deux ans, Hilaire Joseph qui fut maire de Volckerinckhove. Sa mère mourut en 1807 et son père se remaria 11 ans plus tard, le 24 juin 1818 avec Mademoiselle Rosalie Cattyn, originaire de Noordpeene, c'était une vieille demoiselle de 42 ans qui avait un enfant né le 30 mars 1811 à Volckerinckhove et que Jean Auguste Fortuné s'empressa de reconnaître sous les noms évocateurs de « Honoré Désiré Vandenkerkhove ».
Louis ne quitta semble-t-il jamais sa maison natale et lorsque son père mourut le 20 juin 1847 à l'âge de 68 ans il vécu seul sans souci d'argent, ses biens étaient confortables mais essentiellement situés à Bollezeele, lieu d'origine de la famille (ses ancêtres étaient seigneurs d'Hamerschil). Les Vandenkerkhove étaient depuis longtemps les notables locaux, les familles maternelles étaient également aisées. Parmi la très longue litanie des héritiers la plupart étaient rentiers, propriétaires, sans profession vivant dans les environs mais aussi à Tourcoing ou Conflans. D'autres cependant étaient négociants ou fabricants, quelques uns cultivateurs. Un autre trait marquant est le nombre de religieux et religieuses issus de la famille, eux pouvaient vivre très loin, en Espagne, aux Antilles, aux Pays-Bas. Louis était très pieux et cela sincèrement, il aida l'église mais surtout les pauvres et les malheureux.
On ne sait rien de sa vie qui dût être très calme, il ne se maria pas. La grande affaire de son existence fut la fondation d'une maison de retraite, peut-être le mari de sa nièce, médecin en chef des hospices de Calais lui inspira-t-il l'idée (Jules Warenghem et sa femme Zulmée Vandenkerkhove se firent enterrer à Volckerinckhove). En tous cas l'affaire fut mûrement réfléchie et calculée de manière à ce que la fondation réussisse pleinement.
Les maisons de retraites étaient rares à l'époque, pourtant tellement utiles, elles étaient simultanément hospice, hôpital et orphelinat. Monsieur Vandenkerkhove voulut que l'établissement soit public et non privé ce qui facilitera bien des choses par la suite et il choisit Bollezeele comme lieu d'implantation. Dans une lettre au conseil municipal il spécifie : « Rien ne m'obligeait à donner la préférence aux habitants de Bollezeele, je m'étais surtout inspiré de l'espoir d'un accueil généreux et intelligent de la part de ses habitants ». Concrètement il possédait des domaines bien plus étendus sur Bollezeele que sur Volckerinckhove et notamment une propriété de 80 ares 79 centiares avec maison et dépendances, le tout estimés à 20 000 francs. Le 05 octobre 1861 Louis en fait, par acte notarié, donation à la commune dans le but d'y établir un hospice hôpital, à charge pour la commune de recevoir et entretien à perpétuité deux personnes de Volckerinckhove (charge évaluée à 300 francs par an). Cet charge a été transformée depuis en versement de 30 quintaux de blé au Conseil Communal d'Aide Social de Volckerinckhove (CCAS).
Par ailleurs tous les malades de Volckerinckhove assistés par le bureau de bienfaisance devront être accueillis à l'hospice le temps de leur maladie au prix de 1F par jour. La commune de Bollezeele a le droit d'utiliser la moitié du terrain pour y établir une école, enfin l'hospice ne verra sa création qu'à partir de mars 1864, à bail échu.
Le lendemain 06 octobre le conseil municipal de Bollezeele assemblé en séance extraordinaire accepte la donation. Immédiatement les dons affluent ; une somme de 800F est déposée entre les mains du curé pour l'achat de mobilier, des meubles, de l'argent sont offerts, un pépiniériste d'Angers donne 200 arbres fruitiers et le 30 novembre 1862 Napoléon III signe à Compiègne l'autorisation officielle d'ouverture.
On nomme alors le conseil d'administration où siège Louis Vandenkerkhove ; « Nous avons tant besoin de ses conseils », puis un officier de santé et début 1864 les premiers pensionnaires arrivent.
Louis et sa famille continuent d'aider la maison. La veuve de son frère (l'ancien maire de Volckerinckhove) fait don de 5000F, un de ses héritiers de 1900F, Mademoiselle Vitse de Paris (peut-être aussi une parente) de 40 000F, Monsieur Vandenkerkhove lui-même de 17 000F à condition de bâtir une seconde aile au bâtiment, il fait par ailleurs une donation entre vifs de 6ha30 de terre (valeur 37 152F) ; enfin par testament il lègue sa maison de Volckerinckhove avec mobilier, bijoux. et près de 2ha de terre le tout estimé à 10 260F. Toutes ces sommes sont considérables sachant qu'un instituteur gagne 700 à 1000F annuel et que le coût de l'entretien courant d'une personne âgée est de 22 à 30 centimes par jour pour une maison de retraite.
Si l'hospice à été
sa grande préoccupation, il n'en
oubliait pas pour autant ses amis de Volckerinckhove,
dans ses testaments (établis 3 et
5 ans avant sa mort) il lègue une
pâture de 3ha20 (estimée à
13 500F) au bureau de bienfaisance
de Volckerinckhove, 2 000F pour la restauration
et l'achat de vitraux de l'église.
Pour sa vieille « bonne »,
Mademoiselle Julie Deblook, il réserve
quelques meubles, une rente de 280F et une
place à l'hospice. Enfin il stipule
que l'hospice devra se charger de deux personnes
de Volckerinckhove. Cette dernière
clause créera d'ailleurs polémique
après la mort du bienfaiteur. A Volckerinckhove
on estime que 2 + 2 font 4 pauvres à
accueillir, on affirme d'ailleurs que Monsieur
Vandenkerkhove l'entendait ainsi, à
Bollezeele on prétend qu'il s'agit
de seulement 2 pauvres, le sous préfet
tranchera en faveur de Bollezeele.
Louis mourut le 25 juin 1888 à Volckerinckhove (il avait 83 ans) et fut enterré dans la chapelle qu'il avait fait ériger quelques années auparavant le long de la grande rue ; une plaque située dans la chapelle le rappelle.
Dans la mémoire populaire Louis a laissé l'idée de sainteté ; car pourquoi a-t-on donné à la maison de retraite le nom de Saint Louis ? Si ce n'est en référence à son fondateur (en fait en 1872, 16 ans avant sa mort, apparaissait déjà le nom « Saint Louis »).
Par ailleurs on affirmait que la tombe de Louis serait ouverte 100 ans après sa mort et on y découvrirait son corps intact, signe de sainteté.
Merci à Monsieur DAMAREY, directeur de la maison de retraite Saint Louis pour son accueil.
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Le village doit son nom à un certain Bollo, seigneur ou chef de tribus Franc qui établit son habitation en ce lieu ; zeele vient de Sali qui est chez les Francs, l'habitation du seigneur.
Les Francs se sont établis vers l'an 600 dans notre région et la plupart des villages de notre secteur de l'Yser datent de cette époque. Ca doit être le cas de Bollezeele même si la première trace écrite date de 1101, avec le nom de Bolingesela puis en 1119 Bullingasela.
Avant l'arrivé des Francs le territoire de Bollezeele n'était cependant pas totalement vide d'habitants pour preuve ce vase de terre qui contenait 2000 pièces romaines du IVème siècle qui fut découvert dans un champs au XVIIIème siècle.
A égale distances des bourgs voisins, Bollezeele a du rapidement devenir un petit centre attractif. « Vijf uren van Duinkerke, vijf uren van Kales, drie uren van Kassel, drie uren van Burgburg, drie uren van Bergen, Bollezeele is Bollezeele » : « A 5 lieues de Dunkerque, 5 lieues de Calais, 3 lieues de Cassel, 3 lieus de Bourbourg, 3 lieues de Bergues, Bollezeele est Bollezeele" disait Joseph Dezitter artiste originaire de Bollezeele, mort en 1957.
Mais le nom de Bollezeele est surtout attaché à sa vierge, Notre Dame de la Visitation dont l'origine est liée à une source des bords de l'Yser. Son culte remonterait au XIVème, on lui attribue de très nombreux miracles (le premier est cité en 1429), en 1510 elle délivra la région de la peste d'où une importante neuvaine longtemps fort suivie par les populations locales, au XIXème siècle 6000 communions étaient enregistrées durant la neuvaine.
Notre dame de Bollezeele est sans doute en partie responsable du développement du bourg, de son érection en doyenné en 1680, de la création de son marché, de la prospérité des commerces et de la richesse de son église. La vierge fut couronnée en 1910, y assistaient plus de 100 prêtres et 15 000 personnes.
L'église primitive du XIIème siècle dédiée à Saint Wandrille a sans cesse été transformée et agrandie aux XVème et XVIème siècle. Terminée, hormis la tour, en 1483, elle a été réparée en 1606, agrandie en 1879 - 1880, la flèche endommagée durant les années 40 fut restaurée en 1949. Le cimetière qui entourait l'église fut déplacé en 1860 dégageant ainsi une vaste place aujourd'hui encore bordée de sobres maisons à un étage bâties avec régularité offrant des perspectives agréables.
Le joli hôtel de ville en néogothique
flamand a été inauguré
en 1933, il est l'oeuvre de Monsieur Cockenpot
de Lille, derrière le bâtiment
une seconde place accueillait les adeptes
du jeu de Paume qui fut beaucoup pratiqué
dans la région (une majorité
de nos villages conservent encore une place
du jeu de Paume).
La maison de retraite aujourd'hui hostellerie Saint Louis fut ouverte en 1864.
Fondé par Louis VANDENKERKHOVE, né à Volckerinckhove le 15 mai 1805. On ne sait rien de sa vie qui dût être très calme. Il ne se maria pas. La grande affaire de son existence fut la fondation de la maison de retraite. Les maisons de retraites étaient rares à l'époque, pourtant tellement utiles, elles étaient à la fois hospice, hôpital et orphelinat. Monsieur Vandenkerkhove voulut que l'établissement soit public et non privé ce qui facilitera bien des choses par la suite et il choisit Bollezeele comme lieu d'implantation.
Plusieurs seigneuries existaient sous l'ancien régime sur le territoire de Bollezeele, des lieux-dits en conservent le souvenir, ainsi le Pantgat que l'on trouve déjà en 1115 sous l'orthographe Pandgata, l'Hofland, le Penhof, le Roodkoornhuis ou l'Erkelsbrugge qui était la propriété de la famille Hannon, dont descendait Monsieur Vandenkerkhove.
D'autres nombreux lieux-dits se retrouvent sur le territoire de Bollezeele tels que : Zwynland (la terre des porcs), Noord bunder (le Bonnier, unité de surface du nord), Vrouweveld (le champ de la dame), Smeekaert (le suppliant, le mendiant), Hoogenhill (haute colline) qui a par ailleurs donné le Nel (Hill, colline), Biesedriesh (pré des joncs), Kapveld (champ du capuchon), Cray Hill (colline aux corbeaux), Paddeveld (le champ du crapaud), Peenhof (la ferme de la carotte), Korenhuis (maison du blé), Erkelsbrugge (pont du gland), Leurdam (le barrage trompeur), Rousouckhouck (vient de Roos Houck, le coin des roseaux), Brunshouck (le coin de Brune, un nom propre).
Les noms de rues étaient de même, à l'origine, toutes en flamand. Ils ont souvent été oubliés ou traduit en français, quelques fois de manière très fantaisiste. Le cas de la rue de Metz est connu, il s'agissait en fait de la Metserstraete, rue des Maçons, elle se nommait parfois aussi Torrenstraete, car dans l'axe du clocher de l'église. On trouvait également Ryckestraete (rue des riches), Drayestraete (rue tournante), Kerckstraete (rue de l'église), Watenstraete (route de Watten), Processiestraete (rue de la procession), Vifwegstraete (rue des 5 chemins), Klockeweg ou Naegelstraete (chemin de la cloche ou rue des clous), Peenhofstraete (rue de la ferme de la carotte), Kornhuysstraete (rue de la maison à grains), Casselstraete (rue de Cassel), Heirstraete (rue des messieurs), Cappellestraete (rue de la chapelle), Kikertiestraete (rue des poussins).
Durant l'ancien régime Bollezeele faisait partie de la châtellenie de Cassel qui dépendait directement du Comte de Flandre.
La châtellenie était divisée en vierschaeres, juridictions où l'on jugeait les petits délits en premier ressort. Les communes de Bollezeele et Zegerscappel constituaient une vierschaere.
Bollezeele à la limite de la Flandre Intérieur et de la Flandre Maritime était également à la limite de la châtellenie de Bourbourg ce qui lui valut d'être quelques temps au XVIIème siècle zone frontière, on a alors bâti 2 forts au nord ouest de la commune.
Le village s'étend sur 18,23 Km² compte aujourd'hui 1476 habitants. Au XVème siècle Bollezeele était déjà peuplé de 650 personnes, il a connu son peuplement maximum au XIXème siècle et avait alors 2000 habitants.
A Bollezeele pas de paysages grandioses ni de constructions remarquables pourtant le village a un charme certain, un peu secret. Il faut le découvrir le long des chemins ruraux, près des villageois qui avec ténacité ont fait la Flandre.
Qui veut vraiment connaître Bollezeele, « le plus flamand des bourgs de France » selon Joseph Desitter (peut-être un peu chauvin) doit emprunter la route de Merckeghem d'où l'on découvre la vaste étendue monotone de la Flandre Maritime, doit également se perdre du côté du Kikertie, au nord du village, parsemé de bois minuscules (voir le chemin pédestre « au pied des Colines de Merckeghem « Yser Houck n°4).
Au village, il faut faire le tour de l'église, remplie des souvenirs de Notre Dame de Bollezeele, admirer l'hôtel de ville et pousser jusqu'à la place du jeu de Paume, si calme entre les grandes maisons. Il faut aussi se promener parmi les fermes retirées à l'est du village et voir l'Yser à l'Erkelsbrugge et au pied des 5 rues. |